Le blues Revival et la stagnation de la musique hawaïenne

 

b)Le blues Revival et la stagnation de la musique hawaïenne.

Si le blues noir, à partir des années 1960, connaît une nette perte de vitesse jusqu’à être presque complètement exclu des catalogues des grands labels, le public blanc commence lui à s’intéresser à cette musique maintenant entrée dans les mœurs jusqu’à se l’approprier.

En effet dès 1951, l’on assiste à une première dans le monde du blues, le bluesman Big Bill Broonzy donnant pour la première fois un concert en France, le big_joe_williamsmouvement est alors lancé, mais ne prend son véritable essor que dans les années 1960, décennie qui commence par une tournée à travers l’Europe et le Moyen orient de deux grand représentant du Chicago blues : Willie Dixon et Memphis Slim. Une nouvelle page du blues s’ouvre alors, rejeté par les uns qui y voient trop la manifestation d’un conflit social et adulé enfin par les autres, dans une période marquée par l’amour des contre-courants qui laisse une place de choix au blues. Les jeunes de la contre culture de toutes allégeances musicales se mettent ainsi à écouter du blues, étudiants, amateurs de musique folk, de Rock and Roll et même de musique psychédélique se retrouvent dans les festivals ou le blues se creuse une nouvelle place. Encouragés par la vague de la « Folk Music » à la fin des années 1950, puis par le raz de marée engendré par les groupes anglais de blues, bientôt suivis par des groupes américains comme les Butterfield Blues Band, les artistes blancs apprennent à découvrir les racines d’un blues que d’aucun croyait perdu, et le retransmettent à un nouveau public. En 1962 est alors organisé la première tournée européenne de l’American Folk Blues Festival lors duquel on redécouvre des artistes tels que John Lee Hooker, Sonny Terry, Brownie McGhee et bien d’autres qui seront suivis de la plupart des grands représentants du blues tant rural qu’urbain. Evidemment, la guitare slide fait partie de cette résurrection, en tant que témoignage d’une tradition dont chacun accepte désormais l’importance sociologique et musicale. Parmi ces représentants de la guitare slide apparaissent d’abord quelques artistes jusque là restés dans un relatif anonymat comme Big Joe Williamssample(16 octobre 1903, Crawford ; 17 décembre 1982, Bacon) qui, même si il vit de sa musique depuis 1918, n’accède au succès que lors de cette période faste où sa guitare bricolée à neufs cordes sur lesquels il s’adonne au slide fait l’émerveillement d’un public curieux. A côté du nouvel engouement des maisons de disque pour le blues, ce sont en effet les festivals qui jouent le plus grand rôle dans la redécouverte des artistes ruraux qui avaient déjà marqué leur temps, dans une moindre mesure, dans les années 1920 et 1930. L’American Folk Blues Festival et le Newport Folk Festival qui font le tour de l’Europe, sont en effet la première occasion pour les premiers représentants du blues de se produire devant un large public. Le festival de Newport entraîne l’enregistrement d’une collection d’albums historiques qui réuni d’une part des vétérans des circuits du blues, mais surtout des figures légendaires des années 20 et 30, dont les guitaristes slide Son House, Bukka White ou Furry Lewis, et certains qui voient leur première occasion d’enregistrer malgré leur âge déjà avancé comme Mississippi Fred McDowell. Ces redécouvertes sont en outre favorisées par quelques intellectuels ou artistes blancs, qui jouent un grand Rôle tant dans l’organisation de ces festivals, et plus généralement de la création d’un nouveau public, à l’image de Dick Waterman, John Fahey, Sam Charter, Bob Koester ou encore Paul Oliver, pour n’en citer que quelques-uns. Il faut cependant noter que les premières années de ce qui a été appelé le « Blues Revival », est d’abord l’occasion pour des nouveaux artistes de blues de se faire connaître, dont la période faste se situe entre 1962 et 1964, et qu’il faut encore attendre quelques années pour que l’intérêt du public s’oriente résolument vers ces bluesmen traditionalistes, qui connaissent leur apogée entre 1967 et 1969, la population noire redécouvrant alors ses propres racines musicales.

Malgré cette résurgence du blues, les vieux bluesmen de l’école rurale jouissent surtout d’un succès d’estime puisque le produit des ventes de disques, tout comme mcdowellles cachets des festivals, restent bien maigres, les enregistrements ne réalisant jamais de grosses ventes et étant pour la plupart publiés par des petits labels comme Delmatk, Arhoolie, Testament, Folkways, Vanguard ou Storyville. Le publique s’intéresse en effet plus à la vague du blues urbain, et des guitaristes au style nouveau comme Freddy King, Buddy Guy ou Otis Rush vont à leur tour éclipser une nouvelle fois le blues traditionnel. Quoiqu’il en soit, cette période a le mérite de constituer une prospection poussée de l’histoire du blues et de répertorier nombres d’artistes dont l’influence se fait encore sentir de nos jours, ce tant par les rééditions des enregistrements d’avant guerre comme ceux de Robert Johnson ou Charley Patton, que par la possibilité pour certains privilégiés comme Son House ou Mississippi Fred McDowellsamplede graver de nombreux disques.

La steel-guitar hawaïenne, quant à elle ne connaît pas de résurgence analogue, à partir des années 1970 la steel-guitar est vue par le public, et non sans raisons fondées, comme une musique édulcorée bien loin des aspirations de la jeunesse. Ainsi, même lorsque la musique hawaïenne commence à éprouver une renaissance locale, ce n’est pas à travers la steel-guitar mais par la guitare slack-key, qui profite du nouvel essor de la guitare acoustique et du « fingerpicking » réinstitué par l’émergence de la musique folk à partir des années 1960. Néanmoins la steel-guitar sait profiter dans une certaine mesure du nouvel enthousiasme de la guitare slack-key et de la musique hawaïenne en général, enthousiasme en partie due aux efforts de la Hawaiian Music Foundation qui organise de nombreux concerts, et en particulier des concerts dévolues exclusivement à la steel-guitar en 1973 par la Halau, une école comportant des classes de cet instrument. PahinuiAinsi la steel-guitar ne meurt jamais complètement, mais il faut encore attendre les années 1980, pour que quelques musiciens non hawaïens enregistrent à nouveaux à la steel-guitar hawaïenne acoustique comme Ken Robert Emersonsampleou Bob Brozman qui, s’adjoignant parfois les services des derniers grands représentants de la musique hawaïenne comme Gabby Pahinui, Raymond Kane, Auntie Alice Namakelua, Atta Isaacs, Sol K. Bright ou la Tau Moe Family. Si ces derniers créent quelques émules, la steel guitare hawaïenne reste, encore aujourd’hui, l’apanage de quelques professionnels de la guitare slide désireux de retrouver les racines de leur instrument, ou de quelques amateurs d’histoire de la musique ou de lutherie des guitares. Les années 1990 connaissent néanmoins un relatif réveil des traditions hawaïennes, illustré par la commercialisation de méthode de steel-guitar par divers éditeurs comme Mel-bay, ainsi que par la réédition des enregistrements sur cds des artistes comme Sol Hoopii ayant fais les beaux jour de la steel-guitar hawaïenne. Nul ne peut aujourd’hui prédire l’avenir de cette tradition musicale, mais il est de fait que l’on assiste de nos jours à une nouvelle prise de conscience de celle-ci.

De la même manière et depuis très récemment, l’on peut assister à un regain d’intérêt pour la guitare slide et pour sa lutherie si particulière que quelques artistes ont réussi à sortir de la torpeur dans laquelle elle reposait depuis de nombreuse années.

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