L’invention du Résonateur des Frères Dopeyra, la naissance de la firme Nationale

 

2.De la recherche d’un volume accru à l’invention des frères Dopeyra : le résonateur.

Grâce au génie d’un homme, une petite révolution naît à la fin des années 1920, poussé par les besoins bouveaux des guitaristes, en effet la recherche d’un volume accrue permet à John Dopeyra d’inventer un système de résonateur pour la guitare, et de cette invention va découler trois nouveaux types de guitares qui chacun est vite assimilé à un style musical particulier. Ces trois types sont la guitare dite tricone d’une part, la monocone d’autre part et enfin le Dobro.

a) L’invention du Résonateur des Frères Dopeyra, la naissance de la firme Nationale.

La famille Dopeyra, issue de Dolna Krupa, une ville d’Autriche-Hongrie qui deviendra plus tard tchèque, émigre aux Etats-Unis en 1907 pour s’installer en strohCalifornie. Joseph et Catherine Dopeyra et leurs dix enfants fuient alors le spectre de la première guerre mondiale qui déjà se profile à l’horizon, Joseph refusant d’y voir ses fils enrôlés. Leur fils John, qui a alors 14 ans et parle déjà cinq langues : le tchèque, l’allemand, le polonais et le russe, apprises avec son père au moulin du village, fabrique déjà des violons avec ce dernier pendant ses loisirs quand il arrive aux Etats-Unis. L’intégration de la famille est de prime abord difficile puisqu’elle n’est que la troisième famille slovaque de Los Angeles, leur membres commencent donc leur vie américaine par de petits boulots ou la réparation, notamment d’instrument de musique, jouera par la suite un grand rôle, conjuguée avec de périodiques réunions musicales de la famille, tous les garçons jouant d’un instrument. C’est vers le début des années 1920 que les fils John et Rudolph commencent la fabrication de banjos, puis l’ouverture d’un magasin afin de les vendre. C’est alors qu’un certain George Beauchamp, guitariste, vient leur exposer son problème : sa guitare n’est pas assez puissante pour pouvoir rivaliser avec les autres instruments de l’orchestre dans lequel il joue. Il soumet à cette occasion aux frères Dopeyra une idée dont il a récemment été le témoin : un violon muni d’un cornet analogue à celui d’un phonographe. L’idée de palier au manque de volume de la guitare, ou d’autres instruments, par des moyens mécaniques n’est en effet pas nouvelle, déjà en 1826 une guitare munie d’un résonateur avait été brevetée, mais sans réel succès. D’autres recherches en vu d’une amplification mécanique sont ensuite réalisées, la plupart inspirées par la technologie des phonographes d’Edison et de Victrola. Le principe réside dans la transmission du son d’une tête de lecture vers un petit disc de mica destiné à amplifier le son à la manière d’une peau de banjo qui est ensuite dirigé par l’adjonction d’un long cornet. C’est sur ce principe qu’est créée dès 1910, sous l’égide de la compagnie anglaise Stroh, une série de violons où de l’aluminium est substitué au mica du disc, puis d’autres expérimentations du même type par d’autres compagnies. Ayant connaissance de ces précédents, John Dopeyra, qui a déjà déposé plusieurs brevets pour des machines outils ou des améliorations sur des banjos, commence alors par réaliser une guitare hawaïenne, munie du fameux cornetbrevet pour George Beauchamp. Mais, si le volume de l’instrument est effectivement accru, son timbre semble particulièrement discordant. Malgré ce demi échec, John Dopeyra reste convaincu de l’intérêt d’un résonateur dont la forme conique semble être la plus prometteuse. Il s’agit en fait d’adapter à la guitare le principe du haut-parleur récemment inventé par les laboratoires Graham Bell. S’en suit alors une longue prospection d’un system de résonateurs viable, sa forme, son épaisseur, son alliage, puis sur le nombre et la disposition de ces résonateurs au sein d’une guitare. Sort enfin de ces expérimentations le system que John Dopeyra juge le plus satisfaisant : un résonateur constitué de trois cônes d’aluminium parcourus de rainures en spirales et reliés entre eux par un chevalet en forme de T. L’aluminium dont sont constitués les cônes est d’une finesse telle que les spécialistes refusent de lui fabriquer, arguant l’impossibilité de travailler une telle matière, John Dopeyra y parvient pourtant et est fort satisfait du résultat. Pour protéger les cônes qu’une simple pression du doigt suffit à déformer, une plaque de protection est ajoutée au dessus des cônes et du chevalet, directement en contact avec ceux-ci. Enfin John décide de placer son system de résonateurs dans un corps de guitare métallique, selon lui plus à même de transmettre les vibrations des cônes. Ainsi le brevet est-il déposé le 9 avril 1927 et enregistré le 31 décembre 1929 sous le numéro 1 741 453. George Beauchamp essaie alors la nouvelle guitare et est enthousiaste, non seulement il en acquiert une pour son propre compte mais il cherche de plus désormais les fonds nécessaires au financement d’une nouvelle société capable de la construire en série. Néanmoins John et Rudolph n’attendent pas et commencent la fabrication de ces instruments à l’unité dans leur atelier. 36 guitares sont ainsi construites, et portent le nom de National, tout comme les banjos déjà conçus par leurs soins.

Dans le même temps, George Beauchamp multiplie les fêtes notamment afin d’attirer des investisseurs potentiels triconetels que son cousin le millionnaire Ted Kleinmeyer, dont la fortune suffit à espérer une large production. Outre le fait d’attirer les investisseurs, les soirées de G. Beauchamp ont donc l’avantage de faire apprécier les guitares nationales aux musiciens, en particulier de Sol Hoopii, qui est à l’époque le joueur de steel-guitar le plus connu de Californie, et qui devient endosseur de la future marque. La société est ainsi formée en 1927 et la production en série peut alors commencer dans le courant de l’été et de l’automne. Le neveu de John, Paul Barth, est alors engagé pour façonner les fragiles cônes. La Chicago Musical Instrument Company (CMI) obtient ensuite la distribution exclusive à la fin 1927 et entame dès lors une campagne publicitaire dans les magasines musicaux. Un formidable succès arrive vite et il est alors décidé de fonder la « National String Instrument Corporation » et d’en augmenter le capital par le biais d’actions entre autres. Le 26 janvier 1928, la firme est enfin reconnu avec George Beauchamp pour président, Ted Kleinmeyer pour secrétaire trésorier, et certain des frères de John Dopeyra qui sont engagés pour la construction des guitares. Rapidement, la firme s’adjoint les services d’Adolph Rickenbacher, spécialiste du métal et du plastic, pour le travail du métal, qui n’entre que peu dans les compétences d’un luthier traditionnel, celui-ci sera d’ailleurs quelques années plus tard l’inventeur de la guitare électrique. A. Rickenbacher fabrique une cinquantaine de corps de guitare dans son atelier personnel chaque jour, et acquiert vite des parts dans la société.

Grâce à l’érection de cette nouvelle société et faces aux différences de demandes de ses clients, la gamme des instruments à résonateur s’accroît rapidement.

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